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LES ENFANTS VOLÉS

OU LE RAPT PARENTAL AU LIBAN

«IL N’Y A PAS D’ENLÈVEMENT DE SON ENFANT PAR AMOUR, SEULEMENT PAR AMOUR-PROPRE!»

LE NOMBRE D’ENLÈVEMENTS D’ENFANTS EST MALHEUREUSEMENT EN AUGMENTATION CONSTANTE. CE RAPT COMMIS EST TOUJOURS UN ACTE DE VIOLENCE VIS-À-VIS DE L’ENFANT, DE SON ENFANT. C’EST UN ABUS DE POUVOIR DU PARENT SUR L’ENFANT INNOCENT. C’EST UN CRIME PUNI PAR LE LÉGISLATEUR PARTOUT AILLEURS DANS LE MONDE!

... les «pères» sont pratiquement à l’abri de toute poursuite, et les autorités de notre pays forts complaisantes.

Le Liban est malheureusement confronté à ce problème, plus particulièrement en raison du nombre important de mariages «mixtes».
Nos lois soi -disant démocratiques, et toutes les conventions internationales signées, ne protègent nullement les «mères» de ce drame du divorce ou de la séparation.
Par contre les «pères» sont pratiquement à l’abri de toute poursuite, et les autorités de notre pays forts complaisantes.
Et pourtant, l’intention y est! Le Liban a bel et bien signé la plupart des conventions internationales: droit d’égalité de la femme (!!!), condamnation du crime d’honneur (!!!), etc., ainsi que la convention des nations Unies relative aux droits de l’enfant (article 11), confirmé par des accords bilatéraux avec les gouvernements français et canadiens par exemple, en ce qui concerne le douloureux problème de la lutte contre les déplacements illicites d‘enfants à l’étranger et les non-retours de ces enfants! Cet accord ne remplace pas la Convention de La Haye sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants, qui prescrit le retour des enfants enlevés.
Non seulement c’est signé, mais également publié par décret n°2000-836 au Journal officiel libanais qui prévoit notamment l’institution d’une commission consultative chargée d’examiner les dossiers relatifs à l’exercice des droits de garde et de visite et de protection des droits de l’enfant, en vue d’en faciliter le règlement, y compris par la recherche de solutions à l’amiable, de faciliter la circulation des enfants et des parents entre deux pays en cas de mariage mixte et d’assurer l’information des parents sur la localisation et la situation matérielle et morale de l’enfant.
...et pourtant:
• Article 496 du Code Pénal Libanais:
«Le père, la mère ou tout autre personne qui nonobstant l’ordre du juge, aura différé ou refusé de représenter un mineur, sera puni de trois mois à deux ans d’emprisonnement»...
• Réglementation internationale:
Le Liban a signé la Convention de la Haye de 1993 sur les Enlèvements Parentaux Transfontières.
Tout cela est très encourageant sur papier, mais ce n’est que du papier! Aujourd’hui, 7 ans après cette publication officielle qui prévoyait en outre la mise en place d’une commission mixte chargée de l’étude au cas par cas des dossiers, force est de constater que non seulement cet accord est resté lettre morte dans ses applications (au grand désespoir des parents privés de tout contact avec leur(s) enfant(s) illicitement kidnappé(s), mais que le nombre des affaires d’enlèvements d’enfants à leurs mères libanaises ou possédant la double nationalité, est en augmentation constante.
Bien entendu, et tout le monde le sait, dans notre pays, rien n’est comme ailleurs. Il y a bien des lois, mais il n’y a pas de règles. Notre société est morcelée et les luttes d’influences sont impressionnantes. Tout est important dans les cas qui nous concernent; l’appartenance communautaire du mari (qui peut changer suivant ses intérêts surtout en cas de divorce ou de garde d’enfants). L’influence de la famille au sein de cette communauté. La position du mari au sein de sa famille, ses relations politiques. Dès lors, un cas insoluble peut se résoudre en «deux temps trois mouvements» ou une décision de justice en faveur d’une des parties peut ne jamais être exécutée! Notre casse-tête, c’est qu’il existe 17 confessions religieuses officielles. Chaque                        
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Un tiers des enfants de familles divorcées doivent s’accommoder d'une lésion considérable de leur développement à moyen et long terme.

> communauté a son propre droit de la famille et ses propres tribunaux religieux qui tranchent les litiges entre leurs adeptes dans ce domaine. Mais toutes se rejoignent sur un point, c’est le père qui conserve l’autorité parentale en cas de séparation ou de divorce. Sauf dans la communauté Protestante!
On a vu certains enfants kidnappés par un de leur parent, devenir agressifs et réfractaires à l’autre parent devenu, lui, le «mauvais», c’est le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP/PAS) d’après Dr. Med Wilfrid von Boch-Golhau, on est très proche du syndrome de Stockholm qui amène des gens enlevés par des terroristes à adhérer aux convictions idéologiques de leurs ravisseurs et à admettre leur propre enlèvement comme étant le prix obligatoire à payer pour défendre une cause.
L’interruption des contacts et des relations entre les enfants d’une part et l’un des
parents de l’autre suite à une séparation ou à un divorce, exerce un impact traumatisant aussi bien sur les enfants concernés que sur leurs parents.
Un tiers des enfants de familles divorcées doivent s’accommoder d’une lésion considérable de leur développement à moyen et long terme. Les résultats d’analyses scientifiques réalisées indiquent que la séparation et le divorce des parents exercent à long terme un impact négatif sur le développement des enfants.
La perte d’un des parents bouleverse profondément l’enfant, sa structure et sa substance. L’enfant se sent brisé. Il a l’impression que la perte d’un des parents se dirige contre lui: «C’est de ma faute», ou « Je n’ai pas mérité que maman/ papa reste». lorsqu’un des parents agit activement programmant ainsi la perte relationnelle — ce qui est le cas du PAS, l’enfant inflige une charge négative à                         
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ERREUR À NE PAS COMMETTRE

Se marier civilement à l’étranger et religieusement au Liban pour la famille.

Votre mariage civil effectué à l’étranger n’a plus aucune signification au Liban une fois le mariage religieux contracté car c’est ce dernier qui prévaut au Liban, contrairement à l’Europe où le mariage religieux n’a pas de valeur juridique.

GARDE DES ENFANTS EN CAS DE SÉPARATION OU DE DIVORCE SELON LES LOIS LIBANAISES

Selon le droit Musulman, la mère a la priorité, en principe, dans la garde de I'enfant jusqu’à un certain âge, mas l’autorité parentale reste TOUJOURS du ressort du père.
La mère non-musulmane en cas de mariage mixte est privée de son droit de garde au-delà de 7 ans pour les petits garçons et 9 ans pour les petites filles, âge où elle risque d’influencer l’enfant sur le plan religieux. Lorsque le mari musulman meurt les enfants sont enlevés à leur mère non- musulmane et donnés aux grands parents paternels.

Selon le droit Druze, les questions relatives à la garde des enfants sont ailssées à la discrétion du tribunal, mais une clause prévoit de ne pas accorder la garde des enfants au parent s’il y a danger que l’enfant ne soit pas élevé dans la foi druze. Autrement dit, vous n’avez aucune chance d’obtenir la garde de vos enfants même âgés de moins de 7 et 9 ans devant un tribunal druze si vous n’êtes pas druze.

Selon le droit Maronite: Les tribunaux maronites refusent toute possibilité de divorce ou de séparation des époux. Pour se libérer de leur mariage, bon nombre de maronites changent de rite ou de communauté dans le seul but de se libérer de leur mariage comme le prévoit l’arrêté 60-LR. Et dans ce cas, ils sont immédiatement soumis aux lois de leur nouvelle communauté choisie.

Selon le droit Grec Orthodoxe: Chapitre III de la garde des Enfants et de leur Education. Article 64 - Les enfants, du fait de l’autorité paternelle, résident chez leur père qui doit les élever et les instruire, sauf dans les trois cas exceptionnels suivants, où ils sont confiés à la mère par décision du tribunal:
- Tant que l’enfant a besoin des soins de sa mère, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il atteigne 7 ans si c’est un garçon, 9 ans si c’est une fille.
- En cas de divorce imputable au père.
- Lorsque, pour des motifs légitimes, le père est jugé inapte à en assurer l’éducation.

Selon le droit Syriaque Orthodoxe: Le divorce par consentement mutuel des deux époux n’est pas admis. En cas de dissolution du mariage, c’est à l’époux “innocent” qu’est confié le droit de garde, sauf s’il contracte un nouveau mariage. La mère peut bénéficier du droit de garde, sauf en cas de divorce si la faute lui est imputable ou si elle n’est pas originairement de rite orthodoxe et que son mari décède.

Selon le droit Protestant: C’est la mère qui a un droit prioritaire à la garde de ses enfants. De plus l’époux contre lequel le divorce a été prononcé n’a aucun droit contre l’autre époux.

 

ADRESSES À RETENIR

Maître Joe Karam
Avocat de l'association de défense des enfants allemands enlevés au Liban.
Maître Ibrahim Traboulsi
Unanimement le grand spécialiste en la matière.
Maître Talal Khodari
A rédigé sa thèse d'avocat sur le thème des enlèvement internationaux d'enfants. Excellent pour négocier avec les musulmans.
Intidafa des Perles
www.intifada-des-perles.org
contact@intifada-des-perles.org
Solidarité Rapt Parental ASBL
177, rue de Tournai - 7973 Grandglise (Beloeuil)
109, avenue de l'araucana - 1020 Bruxelles - Tel: 0476/961374 Solidariraptparental@yahoo.fr
SOS Enlèvements Internationaux d'Enfants
http://www.seie.org
7, rue des fougères - 95560 MAFFLIERS Tél & Fax:05.56.38.97.07
contact@seie.org
Attention:Ne contacter les médias qu'en concertation avec vos avocats et les services diplomatiques en cas de mariage mixte


> une partie de soi même; un côté de sa personnalité subit une véritable amputation psychique entraînant de graves conséquences pour le développement de sa personnalité notamment à long terme. Lorsqu’un des parents programme son enfant contre l’autre parent, c’est qu’il a une peur de perdre son enfant après avoir déjà perdu son partenaire, ou ce sont des sentiments de vengeance qui le poussent à vouloir frapper ou tourmenter l’autre parent. Il forme une coalition étroite avec l’enfant, coalition à laquelle personne d’autre ne peut accéder: «Nous contre le reste du monde». Ceci crée une affection pathogène d’angoisse dans laquelle l’enfant est pour ainsi dire détenu sans pouvoir y échapper. Parfois, une telle affection d’angoisse peut avoir des traits paranoiaques au sens d’une «folie à deux», d’une situation qui requiert un traitement psychiatrique.

INTERVIEWS EXCLUSIVES

                  TROIS MÈRES DE CONFESSIONS DIFFÉRENTES

 

FATEN MANSOUR


Vous êtes de confession Chiite comme votre époux et vous
avez accepté de nous raconter l’enlèvement de vos enfants
sans détours et sans cacher votre identité. Pourquoi?
Parce que je n'ai rien à cacher et qu’au delà de ce drame qui dure depuis des années, l’ai un devoir d’information vis à vis de mes enfants et de tous les enfants victimes de l’aliénation parentale. C’est aussi un message pour tous les parents menacés par le rapt d’enfants et qui veulent éviter ce drame.


Pouvez vous nous en parler brièvement?
je me suis mariée en 1991 avec un franco libanais qui vivait déjà en France depuis 12 ans et qui a souhaité qu’on s’y installe après notre mariage. Nous sommes donc arrivés en France en 1991, lui travaillait et moi j’ai entamé la préparation d’une thèse en vue de consolider mon diplôme et travailler en France. Deux enfants sont nés, Julien (1993) et puis Johann (1996). Les choses ont commencé à se gâter entre nous quand il a commencé à retravailler au Liban avec des absences de plus en plus longues. Je n’avais jamais imaginé une seconde que cela irait jusqu’à l’enlèvement de nos enfants. Tout a été très vite, je suis revenue un jour du travail pour découvrir une maison vide de mes enfants, et de leurs affaires... Le choc de ma vie. Il avait tout minutieusement préparé avec son beau frère en dépit de tout le monde et surtout de nos voisins de palier qui étaient très présents et qui étaient en quelque sorte des grands parents

 

adoptifs pour nos enfants. Personne n’a vu quoi que ce soit! Une fois au Liban il a expliqué son geste par "sa volonté de récupérer sa famille" et m’obliger à le suivre au Liban, où nous n’avions aucune résidence. M. Farhat (mon époux) y travaillait en alternance durant les deux dernières années. Les premiers temps, il a été hébergé avec nos enfants par sa famille. Après l’enlèvement, j’ai su qu’une fois arrivé au liban, il avait effectué une interdiction de sortie du territoire pour que, si jamais je les rejoignais, je ne puisse plus revenir en France. j’ai alors entamé une procédure de divorce en France et la bataille juridique a commencé.


Ne craignez-vous pas que votre "franchise" ne se retourne contre vous, dans un pays où la vérité
n’est pas toujours bonne à dire?
La souffrance que je ressens depuis que Julien et Johann sont loin de moi me pousse à décrier celte injustice, pour que les choses changent et que ce drame cesse de se produire. De plus, les procédures judiciaires sont très longues et des années passent avant que nos enfants aient accès à "leur vérité" et à "leur histoire". C’est un crime de les laisser dans l’ignorance comme si de rien n’était, sachant que des questions sans réponses leur traversent l’esprit obligatoirement...


Que vous disent les autorités religieuses Chiites aujourd’hui? Que font-elles de concret?
Rien. Quand je me suis rendue au Liban en 2001 pour trouver une solution avec mon mari après trois ans de négociations à distance, il a usé d’un jugement délivré par le tribunal religieux pour m’interdire de

 

 

 

C’est un crime de les laisser dans l’ignorance
comme si de rien n’était, sachant que des questions sans réponses leur traversent l’esprit
obligatoirement...

 

 

 


sortir du territoire libanais sachant que j’habitais et travaillait en France. J’ai été retenue deux mois entiers et les autorités religieuses "médiatrices" me demandaient de tout abandonner et rentrer définitivement au Liban si je voulais voir mes enfants, tout ceci sans aucune garantie d’application de
l’accord. Au bout des deux mois, seule l’intervention efficace du Consulat de France a fini par aboutir à un résultat pour me rendre ma liberté. D’autre part, le tribunal religieux a émis en 2001 un jugement qui attribue un droit d’accueil à mes parents une fois tous les 15 jours pour que julien et Johann puissent passer une après midi chez leurs grands parents. Malheureusement ce jugement n’a jamais été appliqué car le père ne veut rien entendre dans l’indifférence générale des pouvoirs civils et religieux. Pour appliquer leur jugement, mes parents doivent saisir la gendarmerie et aller chercher mes              >

est bafoué au Liban. Concernant les engagements internationaux du Liban, ils sont limités, car au-delà des paroles, ils se limitent à la prédominance et la suprématie sociale de "l'homme" sans aucune tendance à l'égalité avec son épouse, et ce phénomène est accentué surtout si "l'homme" en question bénéficie de "connaissances et de relation privilégiées" auprès des autorités, ce qui était le cas de mon ex mari. Le droit des enfants à leurs deux parents et leur équilibre moral ne pèse en aucun cas dans la balance des négociations. La femme doit être soumise quelque soit sa situation sociale ou professionnelle, et son rôle se résume à une mère nourricière (jusqu'aux 2 ans de ses enfants) et à un simple accessoire dans leur vie. Les jugements sont disproportionnés et toujours défavorables aux femmes

> enfants de force, ce qu’ils se refusent de faire, Julien et Johann se retrouvent ainsi séparés de leur mère et de leurs grands parents (qui habitent à 7 km) de chez eux dans l'indifférence générale !

Que fait votre Ambassade? Y-a t’iI en son sein, un responsable pour ce genre de situation?
Le consulat de france à travers l'action de ses assistantes sociales, mais leur marge de manoeuvre  est très limitée. Pendant cinq ans il n'y a eu aucun contact direct avec mes enfants à cause du refus imposé par leur père et même les assistantes sociales n'avaient pas le droit de "transgresser" sa volonté.Après de nombreuses tentatives, et à force d'insister, l’assistante sociale a pu voir mes enfants deux fois dans leur école cette année.L’aliénation parentale avait entre temps fait des ravages. Quant à la commission

franco-libanaise, c’est avec son aval que j'étais allée au Liban en 2001. Ses représentants avaient assuré au consulat la garantie de mon retour en France, sauf qu’une fois piégée, les membres de cette commission m’ont reçue une seule fois sans grande efficacité et j'ai me débrouiller toute seule !!! Depuis, je n'ai pas l'impression que les choses ont beaucoup changé, je reste très dubitative quant à la quelconque efficacité de la commission franco-libanaise...

Iriez-vous donc jusqu’à dire que le Liban ne respecte pas ses
engagements internationaux quand il s’agit du droit de la femme?
Je ne connais pas personnellement de cas concrets sur les crimes d’honneur, le droit à la nationalité ou les cas d’adultères. Je sais que le droit des femmes en général

puisque dans mon cas le droit de visite que j'ai réussi à avoir à était de trois heures par semaine chez le père et en sa présence. Cela limite énormément le contact !

Vous racontez avoir été retenue de force au Liban pendant deux mois en 2001. Quel était le
prétexte avancé par la Sûreté Générale pour vous interdire la sortie du pays surtout qu’au
Liban il n’y a pas de nécessité de visa de sortie?

Le seul prétexte était un jugement religieux qui donne au mari le droit d'interdire à sa femme la sortie du territoire libanais (sans raison valable). C'est prévu dans la religion    et donc la sûreté générale l’applique. Ce genre d’interdiction peut émaner d’autres religions, d’autres mamans (maronites par exemple) en ont été victimes >

Avec cette situation, je suis obligée de rester loin de mon pays, de mes parents et de mes enfants, de crainte de perdre ma liberté et mes droits si je rentre.

> Hormis la douleur de la séparation avec mes enfants, je vis actuellement un sentiment d’exil de mon propre pays d’origine. je me sens aussi libanaise que française et le liban, le pays de mes racines me manque cruellement! Avec cette situation, je suis obligée de rester loin de mon pays, de mes parents et de mes enfants, de crainte de perdre ma liberté et mes droits si je rentre. La situation pourrait se dénouer si j‘obtenais le divorce ou Liban, or la loi ne donne pas le droit à la femme de demander le divorce, celui-ci est obtenu par le mari uniquement et ceci peut durer des années (encore la suprématie sociale de l’homme). M. Farhat, dans son statut de citoyen français est bigame, (remarié, avec un 3ème enfant tout en étant marié avec moi). Il refuse le divorce car c’est sa seule façon d'agir pour conserver le droit de m’interdire de sortir du territoire si je rentre ou Liban et ainsi m’éloigner de mes enfants Julien et Johann.

Quelle était la position de
votre Ambassade face à cette interdiction?
J’avais tout leur soutien mais ils ne voulaient surtout pas brusquer les autorités religieuses ni civiles... "surtout éviter les incidents diplomatiques!" c’est pourquoi les négociations ont duré une éternité avec tout ce que cela implique comme préjudice moral et matériel


Espérez-vous un dénouement positif dans un avenir proche?
le 27 Juillet est le 9ème anniversaire de l’enlèvement de Julien et Johann. J’ai appris à agir en leur direction sans rien attendre. J’ai toujours espoir, c’est plus fort que moi, c’est cet espoir qui me fait vivre, car mes enfants font partie de ma vie quotidienne. Je pense et je vis à travers leur pensée chaque jour. je ne baisserai jamais les bras. je sais qu’ils grandissent loin de moi, mais en grandissant, la                   >

 

 

 

 

 

 

 

 

« [...] comme je ne
possède pas de passeport français, je ne bénéficie d'aucune attention particulière de la part de l’Ambassade de France, vis-à-vis de deux enfants bien «Français» !»

 

 

>  reflexion fait son chemin dans leur tête et suis sûre que chaque jour qui passe me rapproche de plus en plus d’eux. C’est la conviction d’une mère qui vous parle. Cette année encore je penserais très fort à eux en me disant que la vérité est plus forte que tout..

De qui attendez-vous de l’aide? J'attends une aide des médias, il faut parler des cas d’enlèvements d’enfants qui se multiplient tous les ans vers le Liban en toute impunité. La seule aide efficace actuellement est la solidarité entre les mamans victimes car elle nous aide à avancer à travers des actions communes. Nous travaillons pour rétablir le lien entre mamans et leurs enfants Diffusez notre adresse www intifada-des-perles.org. Nos enfants pourront voir ce qu’on fait, comprendront notre souffrance et sauront peut-être qu’ils ne sont pas seuls dans cette galère.

J'attends des autorités libanaises un plus grand respect envers les mamans et les enfants, car au 21ème siècle on laisse faire des pratiques dignes du moyen âge tout en se proclamant pays moderne et francophone.. Tous les pères responsables d’enlèvement d’enfants depuis la France sont français et libanais. Ils jouent avec leurs nationalités en fonction de leurs intérêts en bafouant le droit de leurs enfants à voir leur mère. Je souhaite que les autorités libanaises comprennent cela et s’impliquent sérieusement dans l’app!ication des accords passés avec la France depuis 2000. Ce jour là, nos enfants auront gagné!


LINA MATRAJI

Lina Matraji est issue d’une vieille famille libanaise sunnite, tout comme son ex-époux, qui a la double nationalité Franco-libanaise. Elle exerce un poste à responsabilité au sein d’une importante multinationale. En fait, son appartenance communautaire ne l’avantage en rien, ni la pénalise vis-à-vis des autres femmes qui sont dans le même cas, chiites soient elles ou chrétiennes


Pouvez-vous raconter brièvement le cas douloureux que vous êtes
obligé à vivre malgré vous?
Mon ex-époux a fait la demande et obtenu la nationalité française après notre mariage. Par contre il a toujours refusé d’accomplir les formalités qui auraient pu m’octroyer cette même nationalité fronçaise. Après 10 ans de mariage, je me suis donc retrouvée mère de deux enfants ‘Français’ et un mari tantôt libanais, tantôt français selon ses intérêts. Aujourd’hui après un divorce prononcé et enregistré selon la loi dépendante de ma communauté, mon ex-époux qui habite et travaille en France, exige de reprendre ses enfants et de les emmener avec lui dans son pays de résidence. Je sais donc qu’à très court terme, je ne verrai plus mes enfants habitués à vivre avec moi, et qui souhaitent rester avec

leur mère. Déchirure pour moi, mais aussi pour eux!


Que dit votre avocat aujourd’hui?
J’ai contacté deux avocats spécialisés en la matière, leurs réponses sont catégoriques; je n’auroi jamais le droit de garde de mes enfants au-delà de l’âge de 7 ans pour le garçon et 9 ans pour la fille. Alors que la loi Libanaise me donne le droit de voir mes enfants 52 jours par an: une semaine à Pâques, 1 semaine à Noél et le reste durant l’été. Et c’est au père d’assurer le moyen de transport. Une bonne nouvelle cependant, mon avocat me confirme que si le père ne signe pas son accord sur ce point délicat de visites annuelles, j’ai le droit légal de les empêcher de quitter le Liban par une note transmise à la sûreté générale des frontières.


Lorsque nous avons préparé cette Interview ensemble, vous avez marqué votre étonnement quant à l’existence d’associations d’entraides specialisées pour aider le parent en détresse face à son conjoint ou ex conjoint. Maintenant que vous connaissez leur existence, comptez-vous faire appel à eux?
Effectivement, j’ignorais l’existence d’Associations et d’ONG comme l’lntifada des Perles par exemple
Heureusement que certains et certaines ‘courageux’ ont osé porter ce problème sur la place publique et forcer ainsi l’attention des autorités sur un drame permanent dû à la supériorité des hommes dans ce pays.
Je compte bien contacter une de ces associations et voir ce qu’elle peut faire de plus que les avocats et surtout établir avec elle la meilleure stratégie pour me ‘battre’ de façon efficace en espérant au bout du compte conserver la garde de mes enfants


Bien que vous ne soyez
pas Française comme votre ex-époux, avez-vous tout de même >

> contacté l’Ambassade de France? Oui, et comme je ne possède pas de passeport français, je ne bénéficie d'aucune attention particulière de la part de l'Ambassade de France, vis-à-vis d'enfants bien "Français".l


Allez-vous donc jusqu’à dire que le Liban ne respecte pas ses engagements internationaux quand il s’agit du droit de la femme, comme pour le crime
d'honneur, le droit à la nationalité, les cas d’adultères, etc.?
La loi libanaise est une chose et son application en est une autre. Pour faire bonne figure, on signe toutes les entions internationales mais on ne les respecte que tendancieusement.
De toute façon, ici tout est inégal et la femme n’a aucun droit elle n’a pas le droit d'ouvrir un compte en banque à ses enfants, elle n'a pas le droit de voyager avec ses enfants sans l'autorisation du père et j’en passe
Pourtant, la femme Libanaise par rapport à l’environnement Moyen Oriental a beaucoup de responsabilités et s’affirme dans tous les domaines de la vie à qualification égale avec les hommes

Pourquoi êtes-vous si inquiète que vos enfants vivent avec leur père? Inquiète n’est pas le mot pour exprimer mes sentiments. Par contre, m’enlever mes enfants et les faire vivre dans un pays loin de moi et du liban et sans garantie de ne jamais les revoir c'est comme si on prenait mon âme!


Avez-vous pensé à vous cacher avec vos enfants à l’étranger?
Non pourquoi devrions-nous nous cacher? Ai-je commis un crime de vouloir garder mes enfants auprès de moi?!


Pensez-vous qu’une enquête comme celle-ci peut servir la cause de toutes celles qui sont dans votre cas?
Certainement, surtout grâce â la puissance des médias s’ils ont le courage d’affronter certains ‘interdits’ et des intellectuels de ce pays qui peuvent, s’ils le veulent réellement faire avancer les mentalités vers une réelle démocratie des esprits!

BÉATRICE X


Vous êtes Franco-libanaise, vous habitez Beyrouth et vous appartenez à la communauté Chrétienne. Expliquez-nous brièvement comment tout a débuté et surtout comment tout a dégénéré!
Permettez-moi de préciser, je suis Française, de rite latin, et j’ai obtenu la nationalité libanaise suite à un décret gouvernemental en 1995, et non par mon mariage. Mon ex-mari ne m’a jamais transférée dans son cadastre, et en tant que Libanaise, je n’ai jamais été mariée. Notre couple a commencé à battre de l’aile durant le voyage de noces, et je voulais divorcer dès le retour de notre lune de miel. Mais les parents ont intervenu.. Trois mois plus tard j‘étais enceinte, et je pensais, naivement, que ceci changerait le comportement de mon mari. En fait, il n’a fait qu’empirer au fil des mois. J’ai commencé par patienter, puis lorsque j’ai voulu le quitter, il m’a menacée en me disant qu’une ‘sale petite Française’ comme moi ne peut rien faire contre ‘SA’ famille.         >

 

«J’ai appris une chose durant toutes ses années: il faut toujours se créer des
relations...»

> Pourquoi tout a dégénéré?
II existe de multiples raisons : une mauvaise base de mariage (il voulait obtenir le passeport français), problèmes psychiques (violence et perversion sexuelle). Au bout de 5 ans, quand j’ai appris que la société familiale de mon ex-époux avait des ennuis juridiques, j‘ai pris contact avec une avocate qui m’a précisé le bon moment pour partir. Un matin, j’ai fui en emmenant mes enfants.


Lorsque nous avons préparé cette interview, vous avez signalé que le Patriarcat Maronite exerçait des pressions pour ne pas médiatiser certains aspects trop en faveur des «Papas»! Confirmez-vous cela ou pensez-vous qu’il s’agit en fait d’une auto censure mal placée de la part des médias ou alors craignez-vous d’en parler?
En bref, et sans entrer dans les détails je peux dire qu’un journaliste de renom prêt à parler de notre problème (nous étions 5 femmes dons le même cas) dans une émission télévisée m’a dit: «On ne me laisse pas monter l’émission; je suis désolé mais il nous est interdit de mettre en défaut le patriarcat maronite. C’est trop dangereux et c’est une question politique.


Pensez-vous que le fait
d’appartenir à la communauté latine a malgré tout facilité le dénouement, par rapport aux autres «mamans» appartenant aux communautés musulmanes?
Oui ceci a certainement joué en ma défaveur auprès du tribunal et de certains juges. Mais plus encore le fait que je sois française. . . Je pense que pour les musulmanes, c’est plus simple que chez les maronites. De toute manière, ce n’est jamais simple quand on est une femme au Liban.


Que dites vous des «Mamans» appartenant à la communauté protestante et qui de ce fait ont la garde automatique de leurs enfants? Les avez-vous enviées?
Elles ont énormément de chance. J’espère qu’elles le savent et qu’elles apprécient leur différence.

Malgré tout vous avez obtenu «gain de cause» en définitive, n’est-ce pas cela qui compte, puisque vous avez la garde de vos enfants aujourd’hui?
Certes j’ai obtenu gain de cause, mais après 7 ans de combat acharné, d’humiliations et de stress. Et rien n’est définitif.. Le père peut toujours foire appel et utiliser ses influences, et ce jusqu’à ce que les enfants atteignent leur majorité!


Et d’après vous, pourquoi avoir réussi là où beaucoup d’autres affrontent le parcours du
combattant?
J’ai aussi attronté un parcours du combattant! Mais j’ai vite compris qu’il fallait autre chose que suivre la loi pour gagner; je suis donc allée frapper à la porte de personnages de rang élevé chez les maronites, et je les ai obligés à rencontrer mes enfants, à les écouter et à lire les rapports alarmants des psychologues.


Quel est votre recours si un jour votre ex-époux venait à changer la donne et reprenait illégalement la garde de vos enfants?
J’ai appris une chose durant toutes ses années: il faut toujours se créer des relations, et toujours poursuivre les personnes ad hoc qui peuvent user de leur influence!


Avez-vous pensé à vous cacher avec vos enfants à l’étranger?
Non. J’ai toujours voulu battre mon ex mari sur son propre terrain, et légalement. C’est important pour ma fierté qu’il a longtemps tenté de réduire à néant.


Quel est le message que vous adressez à toutes celles qui ont été dans votre cas?
Je leur dis de ne jamais baisser les bras, parce que nos enfants comptent sur nous, sur notre courage et notre force. Il y a toujours un moment où quelqu’un nous écoutera et nous aidera. Mais il faut pour cela avoir une confiance en soi à toute épreuve...

 

 

MICHEL LECLERCQ
paru dans Focus Magazine - Beyrouth reformaté en html sans modifications de texte pour affichage sur ce site

Les enfants volés